• ANDRE WILLIAMS

    ANDRE WILLIAMS

    Personnage à personnalités multiples, Andre Williams est né Zephire Andre Williams le 1er novembre 1936 à Bessemer, Alabama.  Il fut recueilli par son oncle et sa tante dès l’âge de six ans, suite au décès de sa mère. Soumis à une éducation très religieuse durant son enfance (il devait se rendre à l’église chaque jour et n’avait pas le droit d’écouter de musique et encore moins de rock’n’roll), il parvient à s’extirper de l’autorité intransigeante de son oncle pour s’engager dans la marine dès l’âge de quatorze ans, en falsifiant ses papiers et en empruntant l’identité de son frère aîné. La supercherie durera quelques mois avant qu’il soit démasqué et incarcéré dans une prison militaire. La chance lui sourit néanmoins lorsqu’il part s’installer à Détroit et qu’il croise la route de Jack et Devora Brown, les propriétaires du label Fortune Records, qui remarquent rapidement les qualités de chant du jeune homme, qui fit ses gammes dans différents chœurs d’église lors de son adolescence. Il se lance dans une carrière musicale avec l’appui de Fortune Records dans le milieu des années 50’et commence à enregistrer du rhythm and blues avec un groupe appelé les Don Juans "Pulling Time/Going To Tia Juana" Andre Williams "Mr. Rhythm" with The Don Juans. A savoir que ce même groupe, avec (?) et sans André Williams, se produisait sous le nom de Five Dollars - en fait - ce même groupe s’appelait The Don Juans lorsqu’il jouait en soutient et The 5 Dollars comme artistes principaux. Complexé par sa voix, qu’il se refusait à comparer à celle de Nolan Strong ou à celle de Nathaniel Mayer, autres stars de chez Fortune qu’il avait en admiration, il adopta de façon assez ingénieuse un style parlant novateur (ancêtre du talk over et du rap) qui figurera sur beaucoup de ses chansons et notamment son titre "Jail Bait". Williams enregistrera ensuite plusieurs singles pour Fortune Records avec ou sans The Don Juans, parfois crédité à Andre williams and His New Group, notamment pour " Bacon Fat" devenu un classique du genre. Son talent est tel qu’il finira par s’appeler Andre "Mr. Rhythm" Williams. En 1960, à la demande de Berry Gordy, il intègre Motown records pour composer et produire les chansons de Mary Wells et de The Contours. Williams collaborera avec bien d’autres artistes chez Motown (Stevie Wonder et Marvin Gaye entre autres) sans être (malheureusement) crédité la plupart du temps. Il enregistrera pour lui-même deux titres "Rosa Lee/Shoo Ooo" pour l’éphémère label Miracle (filiale de Motown) non édité à l’époque. Pas toujours en accord avec Berry Gordy, il quitte Motown en 1965 pour rejoindre les labels Chess et Duke/Peacock Records. A partir de 1963, il travaille pour Mar-V-Lus/M-Pac/On Derful et croisera la route d’artistes tel que : Johnny Sayles, Five Du-Tones, Alvin Cash, Sir Mack Rice, Thomas East, Bull & The Matador - entre autres - pour lesquels il écrit et produit des singles extraordinaires. Il ira également au Texas pour y produire plusieurs singles et un album de Bobby Bland. De 1965 à 1966, il est embauché par Mercury Records comme "Recording Manager" pour sa filiale Blue Rock pour qui il produit entre autres le hit "Mustang Sally" de Sir Mack Rice. Il utilisera également plusieurs pseudonymes dont : Jomo ; Rudibaker et Rutabaga, il sera également derrière le groupe The Lancer pour deux superbes instrumentaux "Doing The Snatch / Bassologie". Il collabore également avec George Clinton sur certains titres de Funkadelic et The Parliament. Dans cette frénésie de collaborations musicales, André Williams fera la connaissance d’un certain Ike Turner, dont la rencontre va provoquer sa chute prématurée. Leur relation va être profondément destructrice, puisque l’alliance des deux artistes se fera aussi dans la consommation d’alcools et surtout de drogues, tuant petit à petit la créativité de Williams. Dans les années '80, André Williams vit à Chicago et va tomber dans une pauvreté extrême en raison de son addiction à la drogue, devant même dormir sous les ponts et passant ses journées à fumer sa pipe de crack. Grâce à sa volonté d’affronter ses propres démons personnels et prenant conscience de l’ampleur de sa carrière et du nombre toujours croissant de fans, il va réussir à se relancer et même à sortir plusieurs albums, tout d’abord grâce à sa rencontre avec Miriam et Billy de Norton Records, avec le singles "Daddy Rolling Stone/Gin" Andre Williams & The Eldorado, suivi de l’album "Greasy", puis le réussi "Silky" édité sur In The Red Recordings en 1998. Musicien et interprète à la voix grasse et bien sale comme sa vie, diront certaines mauvaises langues, qui se résumerait à un mélange de provocation, de drogue, de sexe et d'excès en tous genres, Andre Williams a inspiré de très nombreux artistes, aussi bien rappeurs que rockeurs déjantés. Il continu d'enregistré plusieurs excellents albums, dont le dernier en 2016 "I Wanna Go Back To Detroit City" édition vinyle et cd sur Bloodshot Records. Bien que sa première période (Fortune Records) regorge d’excellents R&B tel que "Jail Bait" ; "Bacon Fat" ou encore "Pass The Biscuit" pour ne citer qu’eux.

    ANDRE WILLIAMS

    Je post aujourd’hui ses singles (à l’exception du duo Jo Ann & Andre, qui fera l’objet d’un autre article) de 1965 à 1969, période (à mes yeux) encore plus excitante, avec les deux 45’s édité en 1965 et 1966 sur Avin Records, une étiquette Soul de Chicago filiale du groupe Celtex Records et qui avait des liens avec les producteurs / arrangeurs de Detroit, comme plusieurs étiquettes sœur de groupe dont : O-Pex ; Expo ; Shama ; Brena Kack, Conduc, Sable et Afro-K., le groupe d’étiquettes Celtex était distribué nationalement par USA Records, Chicago. Puis les deux 45’s édités en 1966 sur Wingate Records, label de Detroit fondé par Eddie Wingate (Wingate - Ric-Tic et Golden World Records). Ensuite le single édité en 1967 sur Ric-Tic Records. Vient le single édité en 1967 sur Sport Records, label de Detroit fondé par Shelley Haims (alias Randy L. Scott) actif de 1967 à 1968, et éventuellement en 69. Et enfin les quatre singles sur Checker Records édités de 1967 à 1969. D’excellent singles Soul/Funk avec - entres autres - "Rib Tips" et son sax a la Junior Walker, "The Strock" , ‘le polisson’ "Humpin` Bumpin` And Thumpin" [arrangés et produits par Monk Higgins] et "Cadillac Jack" - un des favoris de la fameuse discothèque "The Groove" d’Ostende (Belgique) - racontant l’histoire d’un gars de Chicago nommé Jack qui rêvait un jour d’avoir une Cadillac, qui pour cela à jouer tout son argent, il n’avait aucun endroit a lui, dormant dans sa voiture la nuit, conduisant toute la journée pour gagner sa vie. Une Cadillac blanche a été son titre de gloire, qu’il devait montrer a tous pour garder son nom : quel est le nom de ce mec ‘Cadillac Jack’ pour sur était un mack ! la vie était bonne pour Jack. Un jour, Jack voulut charmer la fille d’un autre gars, ne comprenant pas pourquoi cette jeune fille se refusait à lui pour rester avec son homme, la saisissant par le bras pour lui montrer comment il pouvait la charmer. Mais ce fut une erreur fatale, sans un mot d’avertissement, le petit ami de la jeune fille lui tira dessus. Maintenant Jack est une légende dans la ville, et quelques jours plus tard, à plat sur le dos, il fait sa dernière course dans une longue, lo-o-o-o-ongue, noire, noire Cadillac ! C’était Cadillac Jack, pour sûr était un mack ! J’ai déjà fait quelques articles sur Andre Williams, notamment avec The Lancers - Jomo - The Natural Bridge Bunch - The Quality Controls - The Out Of Siders et The Jimmy Ed Trio, que vous pouvez retrouver dans la rubrique ‘Rechercher’ (dans la colonne de gauche) en entrant le nom de chaque article, par exemples ‘The Quality Contrôle’. UP DATE: Pour ceux qui souhaitent revoir les anciens articles concernant Andre Williams sous ses pseudos ou collaborations avec d'autres groupes, j'ai simplifié la recherche en les associant à une seule rubrique, celle d'Andre Williams. Il vous suffit donc de cliquer sur le lien Andre Williams dans la rubrique 'Accès Aux Pages' (colonne de gauche) et vous aurez tout les articles du plus récent au plus ancien !  

     

    Avin Records A 103 - 1965 -

    ANDRE WILLIAMS

    Rib Tips Pt.1

     Rib Tips Pt.2

     

     

     Avin Records A 105 - 1966 -

    ANDRE WILLIAMS

    Hard Hustling

     Soul Party A-Go Go

     

     

     Wingate Records WG-014 - 1966 -

    ANDRE WILLIAMS

    Sweet Little Pussycat

    Loose Juice

     

     

     Wingate Recors WG-012 - 1966 -

    ANDRE WILLIAMS 

    Do It (Part One)

    Do It (Part two)

     

     

     Ric-Tic Records RT-124 - 1967 -

    ANDRE WILLIAMS

    You Got It and i Want It

    I Can't Stop Crying

     

     

     Sport Records Sport 105 - 1967 -

    ANDRE WILLIAMS

    Pearl Time

    Soul Groove

     

     

     Checker Records 1187 - 1967 -

    ANDRE WILLIAMS 

    The Stroke

    Humpin', Bumpin' And Thumping

     

     

    Checker Records 1205 - 1968 - 

    ANDRE WILLIAMS 

    Cadillac Jack

    Mrs. Mother U.S.A

     

     

    Checker Records 1214 - 1969 - 

    ANDRE WILLIAMS

    Do The Popcorn

    It's Gonna Be Fine In '69

     

     

     Checker Records 1219 - 1969 -

    ANDRE WILLIAMS

    Girdle Up - vocal

     Girdle Up - instrumental

     

     

     

     **Bonus Previously Unreleased**

    Chicken Thighs - Rudibaker A.K.A Andre Williams

    Ce titre figure sur l'album "Rib Tips & Pig Snoots" édité en 2000.

    Il est également édité en single sur Moon Town Records crédité à Rutabaga, autre pseudonyme d'Andre Williams

     

    ANDRE WILLIAMS

    Chicken Thighs - Rudibaker/Rutabaga

     

     

     

     


  • Commentaires

    1
    Vendredi 14 Octobre 2016 à 10:50

    bonjour Gérard,

    très bel article, avec comme d'habitude une excellente documentation!!!

    merci

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    2
    Vendredi 14 Octobre 2016 à 15:59

    Bonjour Michel,

    Merci de ta visite et du commentaire !! J’espère que tu vas bien ainsi que ton épouse !

    A bientôt lorsque tu viendras dans le Nord !

    Amitiés,

     

    Gérard

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